Des rues qui se transforment en rivières, des habitations qui deviennent des piscines… En juillet 2021, les inondations sont reconnues comme calamité naturelle dans 209 communes et coûte la vie à 39 personnes.
Pas plus tard que ce 30 mai 2026, ce sont des phénomènes semblables même si d’importance moindre qui jalonnent la Wallonie (Basse-Sambre, Namurois, Huy…)
En cause ? La gestion des voies navigables et non-navigables de Wallonie ? La gestion du réseau d’égouttage par le Service Public de Wallonie, les villes et les communes ?
Pas vraiment… Le principal problème vient du rejet des eaux pluviales du domaine privé vers le domaine public (en surface ou dans les égouts).

La solution est pourtant toute simple et c’est là qu’entrent en scène les auteurs de projets, architectes, ingénieurs et urbanistes : rendre le plus court possible le chemin entre la goutte de pluie et la nature où elle sera absorbée, stockée, puis à nouveau évaporée dans le cycle naturel de l’eau. Tout ceci sans passer par le réseau d’égouttage, ni par la rue du fond ou le rez-de-chaussée et la cave de votre voisin.
Simple ? Oui, mais comment faire ?
« Prévenir vaut mieux que guérir » dit l’adage populaire. Ce travail de prévention doit se faire à 2 niveaux :
- La prévention du rejet des eaux pluviales en dehors de la parcelle via la gestion durable des eaux pluviales
- La réduction de la vulnérabilité des bâtiments face aux potentielles inondations
Nous nous attardons dans le présent article sur ce premier volet de prévention.
La gestion durable des eaux pluviales (GDEP), vous connaissez ?
La GDEP consiste à restituer à l'eau de pluie un parcours le plus proche possible de son cycle naturel : s'infiltrer dans le sol, s'évaporer, alimenter les nappes souterraines ou rejoindre un réseau hydrographique, sans passer par le cycle anthropique des eaux usées.

Tout se joue au moment de la conception du projet.
La GDEP au sein d’un projet va intégrer un dimensionnement des volumes d’eaux pluviales recueillis sur la parcelle (en prenant également les événements pluvieux exceptionnels), la mesure des capacités d’infiltration du terrain, la réduction des surfaces imperméables, la compensation des surfaces imperméables résiduelles et la conception de dispositifs de stockage et d’infiltration (naturels ou artificiels). S’ensuivent la prescription et la mise en œuvre des éventuels aménagements nécessaires à la GDEP sur la parcelle.
Les dispositifs de gestion des eaux pluviales
Il ne s’agit pas simplement d’ajouter un dispositif dans le seul but de gérer les eaux pluviales. La GDEP tend à intégrer la fonction hydraulique (gestion de l'eau) dans les espaces urbanisés et les structures à mettre en œuvre. L'objectif est de profiter de chaque espace et de le rendre multifonctionnel (loisir, mobilité, eau, aménagement paysager).
Les dispositifs se classent selon différentes caractéristiques :
- Les dispositifs d’infiltration et d’évapotranspiration, les dispositifs de rétention, les dispositifs combinant la rétention et l’infiltration-évapotranspiration ;
- Les dispositifs paysagers, les dispositifs enterrés.

Illustration : fossé d'infiltration enherbé
Parmi plein d’autres, on retrouve les dispositifs suivants :
- les revêtements perméables,
- les fossés et tranchées d’infiltration,
- les noues engazonnées (wadi / oued),
- les jardins de pluie,
- les bassins d’orage et autres ouvrages de rétention,
- les bandes filtrantes,
- les citernes et autres massifs de rétention,
- …
Quels dispositifs sont envisageables ?
La détermination des dispositifs envisageables va être fonction de plusieurs facteurs :
- La superficie disponible ;
- La capacité d’infiltration du terrain ;
- Les volumes d’eaux pluviales à gérer ;
- Les choix esthétiques et fonctionnels (d’utilité) des dispositifs envisageables ;
- Le coût d’investissement pour réaliser ces dispositifs.

Illustration : revêtements perméables engazonnés
Et l’exutoire ?
L’excédent d’eaux pluviales, après éventuelle rétention temporaire sur le site, sera mené via un exutoire vers un milieu récepteur. Celui-ci sera, par ordre de priorité, le sol, les réseaux naturels d’eaux de surfaces (lac, cours d’eau…), et en dernier recours un réseau séparatif d’ « eaux claires » ou un réseau d’assainissement collectif unitaire. Pour le rejet vers les réseaux d’eaux de surfaces ou les réseaux de collecte enterrés, il est à éviter autant que possible et des normes cadrent les quantités d’eau rejetées pour limiter au maximum le risque d’inondations.

Illustration : massif stockant et arbre de pluie
Ville ou campagne : tous concernés !
Oui. Ces outils sont utilisables dans tous types d’environnement : de la campagne où l’infiltration directe est envisageable dans la majorité des cas aux zones fortement urbanisées où chaque mètre carré compte et où des puits ou massifs d’infiltration seront parfois nécessaires.
En conclusion
Au-delà de la régulation du cycle de l’eau, la GDEP présente d’autres avantages, notamment :
- La visibilité du cycle de l'eau ;
- L’embellissement du paysage ;
- La sensibilisation des personnes à leur environnement ;
- La lutte contre les îlots de chaleur urbains ;
- Le recours aux solutions basées sur la nature ;
- Favoriser la biodiversité.
Et vous ?
Comment prenez-vous en charge la gestion durable des eaux pluviales au sein de la parcelle de vos projets ?
Quelle est la première étape que vous allez mettre en place pour améliorer l'intégration de la GDEP dans votre approche architecturale ?
Pour aller plus loin…
Ne manquez pas nos prochains articles :
- Réduire la vulnérabilité des constructions existantes face aux inondations ;
- Focus sur les dispositifs de GDEP.
Consultez également les documents et outils suivants :
- Le référentiel "Gestion durable des eaux pluviales", SPW Éditions : https://ediwall.wallonie.be/referentiel-gestion-durable-des-eaux-pluviales-2023-111043
- Page "Gérer les eaux de pluie sur mon terrain", SPW ARNE : https://environnement.wallonie.be/home/gestion-environnementale/risques-climatiques/inondations/urbanisme/citoyens/gerer-les-eaux-de-pluie-sur-mon-terrain.html
- L'outil de dimensionnement Excel pour les dispositifs de gestion des eaux pluviales par infiltration et/ou temporisation, Groupe Transversal Inondations : https://environnement.wallonie.be/files/inondations/documents_a_telecharger/GISER/GTI_infiltration_retention_calcul_2023_11.xlsx
- Guide technique de l'outil de dimensionnement, Groupe Transversal Inondations : https://environnement.wallonie.be/files/inondations/documents_a_telecharger/GISER/GTI_infiltration_retention_guide_v2023_11.pdf
- Tutoriel pas à pas de l'outil de dimensionnement, Groupe Transversal Inondations : https://environnement.wallonie.be/files/inondations/documents_a_telecharger/GISER/GTI_infiltration_retention_pasapas_v2023_11.pdf
Bruxelles Environnement a également développé un dossier relatif à la Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (GiEP). Ce dossier vient compléter utilement le référentiel de la GDEP, notamment sur certains aspects plus pratiques ou plus détaillés de dimensionnement et de mise en œuvre des dispositifs :
- Dossier GiEP du guide bâtiments durables, Bruxelles Environnement : https://guidebatimentdurable.brussels/gestion-integree-eaux-pluviales
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Nos facilitateurs environnement sont à votre disposition pour répondre à vos questions et analyser avec vous les solutions les plus appropriées (voir ci-dessous).
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